La France d'après ?
Je me souviens d'une de mes meilleures amies au lycée. Elle et ses 4 frères et soeurs avaient fuit le Laos en boat people quand elle avait 12 ans. Elle faisait quand même partie des privilégiés puisque ses parents avaient pu mettre toute leur fortune dans ce voyage. Moi je l'ai connue en seconde. Son père était devenu fou, il n'avait pas supporté d'avoir tout perdu, ni de savoir qu'il ne retournerait jamais chez lui. Sa mère avait remonté ses manches, elle était devenue femme de ménage, elle apprenait à conduire sans savoir lire et elle s'occupait de son mari... Tous les enfants avaient réussi à surmonter le drame, cinq ans plus tard ils parlaient et écrivaient notre langue aussi bien que nous. Et ils étaient devenus français.
A l'époque, les étrangers qui fuyaient des pays aux mains de dictateurs pouvaient encore demander le droit d'asile, et l'obtenir.
Bien sûr qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais on ne peut quand même pas nous demander de fermer les yeux et de nous rendre complices de la façon dont les sans-papiers sont interpellés et renvoyés chez eux ! Aujourd'hui, avec les lois mises en place par Sarkozy, on interpelle et on expulse les sans-papiers sans aucune vergogne. Il semblerait que pour certains d'entre eux on ait profité du fait qu'ils soient sortis de la clandestinité dans l'espoir d'être régularisés pour les identifier et les renvoyer chez eux. Que leurs enfants soient scolarisés, et parfois depuis de nombreuses années, n'émeut pas les autorités. Tout cela rappelle de bien mauvais souvenirs, des souvenirs de rafles, des souvenirs de délation...
Alors des citoyens réagissent. Un pilote d'avion a refusé d'emmener un sans-papier qu'on renvoyait dans son pays, des marins ont empêché une reconduite à la frontière. Les enseignants ne veulent pas participer à la délation qu'on finira par leur demander, ou qu'on leur demande déjà, de pratiquer. Les parents dont les enfants côtoient ceux des sans-papiers se rebellent, des réseaux se montent pour résister à ces pratiques inhumaines et indignes d'un pays comme le nôtre.
On n'émigre pas de gaîté de coeur. On fuit la guerre, la torture, l'oppression, la misère et l'on tombe bien souvent dans des réseaux d'esclavage clandestins. Il y a probablement des solutions politiques, mais on préfère agir au plus simple, sans faire de cas de l'être humain, une fois de plus, et plus encore.
méli-mélo.
un militant de RESF raconte...
Juliette Warlop, journaliste indépendante, a filmé les incidents entre parents d'élève et policiers suite à l'interpellation d?un grand-père chinois devant une école du XIXe arrondissement, mardi dernier. Elle raconte à 20minutes.fr ce qui s'est réellement passé.
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